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| | Villa Blanca (centre d'entraînement) | |
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Mei-Ri Yue Admin Papillon assassin en reconvertion


Nombre de messages: 161 Age: 31 Localisation: Dans l'ombre du Phénix et du Serpent. Date d'inscription: 31/07/2008
Feuille de personnage Affinités:: Bok-Goo...; Le Serpent qui lui a confié sa mission et le Phénix qui lui donne l'occasion de faire ses preuves... Situation Profesionnelle:: assassin, femme de main du Phénix Localisation sur l'ile:: Dans l'ombre du Phénix et du Serpent...
 | Sujet: Re: Villa Blanca (centre d'entraînement) Sam 25 Avr - 5:14 | |
| A lire en premier lieu, pour partager le rêve du PapillonAmbianceAlors que la nuit projette encore ses ombres dans la chambre, la jeune femme s'éveille en sursaut. Son buste se redresse violemment. Ses mains se portent à son visage humidifié d'un voile de sueur. Elle est consciente que celle ci n'a rien à voir avec la chaleur du corps à ses côtés. Ce sont effectivement des frissons qui la secouent des pieds à la tête.
Avec une douceur qu'elle peine à conserver, Mei Ri s'extirpe des draps, prenant garde à ne pas réveiller son compagnon. Un regard au réveil... 5h08... Debout au milieu de la pièce, elle la parcourt des yeux, effleure chaque cachette possible, comme une enfant cherchant à se terrer dans un coin après un vilain cauchemar.
Lorsque la porte de la salle de bain se soumet à son inspection, elle s'y faufile, prenant petit à petit conscience de la raison de cette peur primale en elle. Ce n'est pas la mort... sa mort qu'elle a contemplé qui en est la cause... non... Elle n'a jamais craint d'être fauchée, quelque soit l'age auquel cela se produira, habituée aux risques de cette profession qu'elle a embrassée si jeune... La raison véritable, elle ne peut se le cacher, pas même à elle même, c'est la proximité de Sa mort, celle de Bok-Goo.
La prise de conscience... la promesse qu'elle s'est faite... tout cela remonte à une quinzaine de jours... trois semaines tout au plus. Cependant, cela lui parait à des années de la bulle dans laquelle ils semblent flotter tous deux depuis... En effet, si la routine a repris ses droits dans la villa, elle ne peut nier les changements qui s'y sont opérés.
De jour, les entrainements, les cours, les séances d'exercice, toujours plus poussés, toujours plus évolués, s'adaptant au niveau de son élève, progressant à une vitesse phénoménale. Si les regards qu'ils échangent sont plus lourds de non dits qu'auparavant, les effleurements plus... électrisants aussi, c'est lorsque s'achève le temps du travail que le mot changement prend toute sa signification.
Lors des rares moments de détente qu'ils s'accordent, la distance respectable qu'elle imposait entre eux n'est plus. Sans se forcer, tout naturellement, elle en est venue à s'habituer... Ce bras sur ses épaules, l'attirant à lui alors qu'ils regardent la télévision... Le poids de son crâne sur ses genoux, la texture de ses cheveux sous ses doigts tandis qu'elle caresse sa tignasse noir d'un geste machinal et doux alors qu'ils sont tous deux plongés dans un livre... Les mains de son amants sur ses hanches lorsqu'il la rejoint dans ses instants de contemplations, sur la terrasse...
Un soupire échappe à la jeune femme à l'instant où elle parvient enfin à maitriser ses tremblements, à refouler cette crainte. Ses pieds nus effleurent le carrelage froid. Sa main fine saisit d'un geste distrait la brosse à cheveux pour lisser sa longue crinière d'un geste machinal... Elle parait robot jusqu'à ses gestes lorsqu'elle se glisse sous la douche, loin de savourer les jets d'eau sur sa peau, afin d'essayer de réchauffer ce froid en elle. Ses yeux se ferment, sa silhouette s'immobilise, sa respiration finit de se stabiliser tandis qu'elle s'efforce d'appeler à elle les réminiscences de derniers jours, de constater d'elle même l'évolution, la réalisant plus que jamais, avec le recul que lui a imposé son songe.
Au fil des jours, le chemin jusqu'à ses propres appartements n'a plus été utilisé que pour apporter quelques effets vers ceux de son compagnon... Petit à petit, la large penderie jouxtant la chambre de Bok-Goo s'est vu étoffée de tenues féminines, les étagères de sa salle de bain de crème et de parfum rappelant celui de sa peau, naturellement, sans que cela ne choque aucun d'eux.
Elle s'en rend compte à présent, ce qu'elle pensait impossible a fini par arriver. La surprise, la méfiance, son instinct de survie la poussant à se défier de sentir une présence à ses côtés aux instants précédant son éveil s'en est allé. Celle ci a laissé place au bonheur de contempler chaque matin ses traits à ses côtés, endormis ou la regardant fixement, un léger sourire aux lèvres. Si durant les premières nuits, son corps s'éloignait de lui même, venant se terrer sur la partie opposé au sien, à présent, même son inconscient semble s'être fait à l'idée de dormir dans ses bras, au plus près, sentant les pulsations de son cœur contre elle, son souffle sur sa peau, ses mains sur sa chair...
Là, debout devant le grand miroir de la salle de bain, elle laisse tomber au sol la serviette qui enserrait son corps. Ses longs cheveux d'ébène dégoulinent dans son dos, rejetés en arrière. D'un œil inquisiteur, la jeune femme se scrute sous la lumière froide de la pièce. Ce qu'elle cherche, elle l'ignore véritablement. Pas les défauts... ni les qualités de son physique de poupée aux courbes féminines. Depuis le premier matin, elle l'a compris, peu importe ses cicatrices, les traces de la vie sur elle. En réalité, sa quête est de l'ordre de l'irrationnel, de l'insensé, mais elle ne peut s'en empêcher.
Les choses ont tellement changé. Sa perception du monde extérieur s'est modifié. Son approche de la vie, son but, a évolué. Elle qui, auparavant, tuait à la demande, sans se soucier d'autre chose, continuera sa tache, avec un autre but, personnel, précis, celui de protéger une vie, unique à ses yeux, qu'elle qu'en soit le prix. Alors tout cela, tous ces bouleversements... cela doit bien avoir un impact sur elle, en bien ou en mal... C'est sur cette recherche qu'elle s'acharne, les yeux plissés par la concentration, comme si elle contemplait les courbes d'une autre, les comparant à l'image renvoyée par le miroir depuis toutes ces années...
C'est une femme qui l'observe de son regard perçant. Sa peau est d'albâtre, luisant légèrement des gouttes s'y attardant. De fines lignes plus ou moins visibles, de toute taille, de la plus fines à la plus voyante nervurent la chair de son ventre, de son dos, de ses hanches. Un papillon aux ailes écarlates orne son sein gauche, masquant, elle seule le sait, un autre cicatrice si ancienne...
Rien. Aucune preuve tangible d'un quelconque changement tandis qu'elle remonte des pieds vers son visage, passant au crible ses bras, ses mains, avec une lenteur forcée, comme si elle craignait qu'un détail ne lui échappe.
C'est lorsqu'elle effleure enfin son visage que sa bouche s'arque en une moue de surprise. Un pas la rapproche de sa psyché, ses doigts effleurant ses traits à mesure qu'elle les détaille. Qui est cette femme aux lèvres semblant constamment prêtes à sourire ? A qui sont ces traits si mobiles qu'ils lui paraissent presque friables à force de réfléchir chaque émotion qui la traverse ? Et surtout, surtout... son plus grand choc... D'où vient cette lueur, cette vie au fond de ces perles de cobalt qui la fixent avec un étonnement non feint ? En dépit du désespoir qui les traverse, ils restent emprunt d'une douceur incommensurable, loin des prunelles froides, prêtes à glacer quiconque d'un regard qu'elle contemplait ne serait ce que deux mois auparavant.
Tout cela l'effraie, presque tout autant que son rêve, pourtant... Pourtant, elle ne parvient pas à s'en sentir mal. Pourquoi ce malaise qu'elle guettait tant à sa prise de conscience, celle que la femme au masque de glace n'est plus, ne vient pas, ne la saisit pas ?
Soudain, l'évidence la frappe. Pourquoi devrait elle à présent se voir comme une abomination ? Tant qu'il ne s'agit pas de Lui, elle en est certaine, celle qu'elle était peu ressurgir, elle et ses différents masques, aussi multiples que ses personnalités. Car, jusqu'à présent, l'arme inhumaine qu'elle se targuait d'être, qu'était ce d'autre qu'un rôle, tellement bien composé, qu'elle s'est persuadée elle même de sa réalité ? Oui... celle qu'elle contemple à présent n'est plus une arme dénuée d'âme.
Aujourd'hui, son esprit le lui crie, à l'instar de chaque pore de sa peau qui réclame Sa présence. Elle a trouver une raison d'être humaine, celle de l'aimer, celle d'être une femme... Il lui a donné, La raison d'être juste une femme, pour toujours et à jamais...
C'est avec un sourire doux que l'étrangère la contemplant depuis quelques minutes se fond doucement en elle même, intègre sa propre image. Comme un une chenille sortant de sa chrysalide, rencontrant pour la première fois le miroir de l'eau, elle se découvre papillon. Il est temps d'accepter de changer maintenant..._________________ Effleures tu seulement la réalité de celle que je suis vraiment Invité ?
Dernière édition par Mei-Ri Yue le Dim 26 Avr - 2:57, édité 2 fois |
|  | | Mei-Ri Yue Admin Papillon assassin en reconvertion


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 | Sujet: Re: Villa Blanca (centre d'entraînement) Sam 25 Avr - 15:30 | |
| AmbianceLa pièce qu'elle a laissé parée de son manteau de nuit s'est éclairée. Sur les murs blancs de la pièce, le rougeoiement des premiers rayons solaires peint de large nappe aux couleurs chaudes. Leurs reflets sur la peau de Bok-Goo la fascine, donne des allures de flamme à sa chevelure si sombre ainsi que cela doit être le cas pour elle même.
Longtemps, elle s'abime dans cette contemplation, certaine qu'elle ne pourrait ni ne saurait jamais sans lasser... pas tant qu'il voudrait d'elle... pas tant que sa présence à ses côtés ne risquait pas de le mettre ne danger. Après... son crane se secoue légèrement, envoyant voler une gouttelette égarée dans sa crinière d'ébène. A cet après, elle aura bien le temps de penser ... plus tard.
Un instant, elle hésite entre son peignoir de soie turquoise, la sensation de sa fluidité, de sa douceur sur sa peau. Cependant, c'est d'une de Ses chemises qu'elle se pare. Un sourire fleurit sur ses lèvres, plein d'une joie innocente alors que son parfum poivrée pénètre chaque parcelle de son olfaction. Elle ressemble à une petite fille dans cette chemise blanche dieu sait combien de fois trop grande pour elle, créature miniature attirée dans l'ombre de ce géant.
Ses doigts fins se resserrent sur chaque pan, juste au dessous du col. Dans un froissement discret d'étoffe, elle ressert le vêtement sur elle, s'y blottissant tandis qu'elle s'installe sur la chaise, de façon à le garder à l'œil. Presque instinctivement, sa joue vient se frotter au col, comme une petite chatte s'étirant dans une bonne odeur, ce qu'elle parait être en cet instant, loin de tout témoin, profitant d'une joie toute simple, pour la première fois lui semble-t-il.
Malgré tout, la minute prend fin. Avec une férocité l'étonnant, elle se refuse à penser « comme toute bonne chose » refusant d'envisager la partie induite de ces mots. Comme à chaque fois depuis son adolescence, en ces moments où elle souhaiterait pouvoir se confier à quelqu'un, son regard se pose automatiquement sur le tiroir du bureau devant lequel elle est assise. Une seconde durant, elle se considère avec ironie, moqueuse de son propre manque d'honnêteté envers elle même. Comment a t elle pu se croire objective alors que depuis tant de jours elle n'a pas ouvert son petit carnet noir, comme se refusant de mentir au papier plutôt qu'à elle même ?
Lasse. Avec un soupir, elle parcourt les pages d'un regard rapide, revenant mentalement sur ces lignes qu'elle seule peut comprendre. Le souvenir de son rêve la saisit alors, lui ôte le souffle vital plus efficacement que deux mains se serrant autour de son cou gracile. Prise d'un sentiment d'urgence, le petit papillon revient en arrière, traçant des symboles étranges, apparemment dénués d'une quelconque logique, à l'intérieur de la couverture. En elle même, elle se fait la promesse de ne plus tarder à rédiger cette clé de transcription qu'elle a vu.
Bien sur, ce n'est qu'un rêve, un cauchemar même... Cependant, le gout de fer dans sa bouche n'était que trop réel, s'attardant encore sur ses papilles alors qu'elle y repense... Pire que tout était la saveur de Ses larmes sur ses lèvres, la douleur de ces poignards salés tombant sur son visage, l'agonie dans ses syllabes alors qu'il prononçait son nom. Elle qui n'a jamais eu peur de la mort s'en vient à la craindre, non pas pour elle même, sa dernière préoccupation, mais pour lui, pour ce refus qu'elle a d'une souffrance, quelle qu'elle soit qui pourrait Lui être infligée.
A la place du soulagement qu'elle attendait en effectuant cet acte de prévention, ainsi que celle de son songe l'a fait auparavant, Mei Ri sans son cœur se crisper en son sein... Ce n'est plus la prudence qui flotte dans son esprit mais une impression malsaine, celle de donner une concrétisation par son geste à ce rêve, cette éventualité d'avenir qu'elle a entraperçu, lui donnant matière uniquement par ces quelques lignes, absurdes...
Avec un soupir, la jeune femme se force à le reconnaitre, il n'y a rien d'absurde dans ce songe... Si elle devait vivre la même situation, elle referait tout à l'identique... Peut être seulement ordonnerait elle plus fermement aux hommes durant le briefing d'empêcher leur Park de « rompre le rang » quitte à le trainer de force à l'abri le plus proche.
Enfin, ses considérations morbides s'éloignent, comme soufflées par la brise matinal qui charge l'air d'iode. D'abord avec lenteur, puis, gagnant en frénésie, les pages se noircissent dans ce journal improbable qu'elle tient. Son écriture si régulière couche les instants revêtant une quelconque importance à ses yeux, chaque début d'émotion dont elle souhaite garder la trace... Plus que tout, c'est cette certitude qui l'a saisit ce matin même qu'elle s'efforce de traduire... Celle du changement, de sa nécessité et, par delà tout cela, de son acceptation de l'évolution, de son refus de continuer à se mentir, à ravaler ces mots qui lui brulent les lèvres à chaque fois qu'elle les retient...
Si, dans un coin de son esprit, les mots d'une femme s'apparentant plus aux créatures de légende qu'aux mortels ne cessent de résonner, elle se refuse à y songer maintenant... "Quand on laisse les sentiments prendre le dessus…..on en souffre toujours plus….on ouvre des failles qui risquent de mettre en danger ceux que l’on aime pourtant par-dessus tout…."Comme le reste, elle aura bien le temps... plus tard... Même si la période les séparant de la fin de la mission est à présent plus proche de jours en jours, elle s'interdit d'y penser... Il sera bien temps de s'interroger plus tard, sur ce sentiment de trahison envers le Phénix qui la mine, chaque fois que la phrase tourne en son esprit...
Toute à son écriture, elle ne parait pas remarqué les rayons de plus en plus clairs de l'astre diurne. Pas plus, d'ailleurs, qu'elle ne voit la main de son amant effleurer sa place vide à son côté, ses yeux s'ouvrir, pour se poser sur elle, la contemplant sans un mot. Alors qu'un sourire d'une douceur et d'une tendresse rares chez elle vient jouer avec son visage, la voix de son compagnon la fait sursauter.Mee-Ae ?A la surprise, la douceur reprend ses droits tandis qu'elle le regarde, assis dans les draps. Son visage s'offre à sa contemplation, à présent éloigné des doutes qui l'ont crispé plus tôt, laissant son regard plein d'une nouvelle assurance.Bonjour...Je ne voulais pas te déranger... tu avais l'air si... concentrée.Les pages du carnet se referment en douceur. Lentement, la plume retrouve l'abri de son capuchon. L'étoffe de la chemise se froisse autour d'elle tandis qu'elle se lève pour le rejoindre, s'asseyant au bord du lit avec la douceur d'une plume effleurant la surface de l'eau. Comme s'il luttait avec la curiosité depuis plusieurs secondes, il finit par lâcher une question, scrutant ses traits qui la rendent si indispensable pour lui... même... s'ils semblent voir quelque chose de différent ce matin. Je peux te demander ce que tu écrivais ?Je crois oui...Visiblement, la réponse n'est pas celle qu'il attendait. La main de la petite poupée vient trouver une mèche de ses cheveux, jouant avec distraitement, le regard perdu dans ce petit geste suave.Et ... qu'est ce que tu écrivais ?Soudain, un petit rire la secoue, comme riant à une plaisanterie qu'elle seule peut saisir. Son hilarité ne dure que quelques secondes, discrète, mesurée mais tellement sincère. Sans vouloir reculer l'instant de la réponse, elle se complait à l'observer, le temps d'un sourire, avant de venir appuyer son dos contre son torse puissant. Après un petit soupir de contentement, les mots glissent hors de ses lèvres, notes mélodieuses et fraiches dans le silence d'un matin de printemps... Notes inédites pourtant, pour lui qui ne l'a jamais entendu prononcer explicitement ces paroles, pour elle, dont la simplicité et la joie que lui procurent ces quelques syllabes l'apaise plus qu'elle ne l'a jamais été. Je t'aime...Vont à..._________________ Effleures tu seulement la réalité de celle que je suis vraiment Invité ? |
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 | Sujet: Re: Villa Blanca (centre d'entraînement) Ven 15 Mai - 13:20 | |
| Viennent de...Bittersweet – ApocalypticaTu aurais du rester avec Sora et les enfants Bok-Goo... Ta mère était heureuse de te voir, tu lui as manqué...Poupée actionnée par les fils d'un marionnettiste Leviathan, la coréenne continue à arranger les valises, pliant avec sa maniaquerie poussée à l'extrême chaque pièce de linge, noyant la réponse de l'homme à ses côtés dans le flots de ses pensées, souvenirs de l'après midi.
En croisant le regard de cette mère plus tôt dans la journée, Mei ri a su... La femme qui avait fixé ses yeux dans les siens ne les a pas détourné, restant droite et froide une seconde durant avant de sourire à son fils cadet qu'elle retrouvait pour la première fois depuis quatre mois. En retrait par rapport à la scène, le papillon s'est contenté d'observer la génitrice et les neveux et nièce de son compagnon parler tous en même temps autour de lui, lui sourire largement, comptant les bien faits du Phénix pour eux, le manque qu'ils ont eu de lui.
Cependant, dans ces prunelles marquées par des épreuves que la vie lui a imposé, la jeune femme a lu autre chose... Si extérieurement, seul le bonheur des retrouvailles s'exprimait, au fond d'elle, le deuil de son ainé n'était pas seul, comme si... Comme si elle savait déjà avoir perdu son second enfant, celui qu'à jamais, elle, son professeur depuis ces derniers mois, elle a modelé, façonné à l'image d'un autre... Pour l'envoyer au devant de la Mort à la place de cet autre...
Plutôt que de se joindre à eux, Mei Ri s'est esquivée. Discrète et silencieuse, elle s'est retranchée auprès de Na Yung, revoyant les derniers détails avant le départ prévu pour le lendemain. Vérification inutile puisque tout est réglé déjà comme du papier à musique. Néanmoins, lorsque sa présence dans le bureau ne s'est plus justifiée, elle n'a pu s'empêcher de fuir plus encore, retournant aux garages sous prétexte des bagages à préparer, consciente de laisser là à Bok Goo un moment d'intimité avec sa famille rare avant longtemps...Tu comptais partir sans moi ?Je prenais un peu d'avance, je ne voulais pas vous interrompre...Sans un mot de plus, ils ont regagnés la villa Blanca pour leur dernière soirée en ses murs, après deux journées d'entrainement plus intensif encore que précédemment. Jusqu'à cet instant où, arrêtant celle qu'il aime d'une paume sur son épaule, il la force à cesser ce paquetage, las de la voir refaire les valises jusqu'à ce qu'elle estime la perfection pour l'obliger à l'écouter. Tu ne nous aurais pas interrompus, j'aurais même été heureux que tu viennes nous rejoindre tu sais...Un sourire sans joie s'harmonise avec son regard éteint sur le visage de l'Aile Ecarlate. Depuis cette entrevue en particulier avec Joy, Mei Ri a changé, presque imperceptiblement, mais assez pour que lui le sache. Dans leurs rares moments à eux, elle semble s'abandonner plus que jamais, comme pour se jeter à corps perdu entre ses bras, s'imprégner de sa présence, se noyer dans son amour... pour redevenir plus distante dès qu'elle le quitte du regard. A l'image d'une femme profitant de ses derniers moments avec l'homme qu'elle aime... puis se préparant à la séparation...Ta mère a déjà perdu un fils... Je dois lui laisser le second, ne pas m'en mêler, ma place n'était pas là bas.Ma mère ne m'a pas perdu, je suis toujours là. Et à présent, ta place est à mes côtés.Le sourire doux et confiant de l'homme qu'elle aime lui réchauffe le cœur... pour le fendre en des milliers de morceaux... Ces mots, cette conscience soudaine de Sora, elle ne peut lui révéler, lui conter leur sens véritable, cette hache suspendue par le Phénix sur la nuque de Bok Goo... par ses propres mains même...
Un soupir soulève la poitrine du papillon, détend son expression, laissant tomber à bas sa froide distance. La conscience du lendemain se fait plus acide en son sein, la poignarde de l'intérieur, comme jamais auparavant, la peur du changement l'aiguillonne. Un fin sourire répond à celui qui lui réchauffe l'âme alors que sa main se lève pour se poser sur la joue du jeune homme. Ses paroles sont pleines d'une pudeur étonnante venant d'une femme se refusant à laisser paraitre ses failles... jusqu'à lui... Nai sarang ... Embrasse moi... s'il te plait...La douceur de son ton, sa supplication presque est de celle qui noue le cœur et émeut l'âme. La tendresse de la réponse de Bok Goo la transporte, retrouvant le cocon de plume suave dans lequel elle aimerait tant rester enfermée à jamais. Sa bouche se fait miel sur ses lèvres tandis que, mu par un réflexe acquis, devenu naturel, les bras fins de la délicate femme s'enroulent autour de sa nuque, se rapprochant de lui, goutant sa chaleur, l'entourant ses ailes fragiles.
L'abandon dont elle fait preuve est celui de la dernière chance. Son corps et son cœur la pousse vers lui, la jetant en avant dans cet abime de bonheur fragile qu'elle voudrait protéger du reste du monde mais qui menace de s'écrouler au moindre faux pas.
Celle qui ne s'est jamais souciée de n'être qu'une éphémère sent un gout d'éternité dans l'instant. Le naturel avec lequel leurs corps s'entrelacent, glissent sur le lit pour s'unir la transporte. Leur union est contre nature, celle d'un homme bien vivant et d'une femme imprégnée par la mort, luttant de toute ses forces pour préserver Sa vie, la seule ayant de la valeur à ses yeux, plus que la sienne propre.
Les mots du Phénix, tranchants son âme, tournent en boucle dans son crane. Plus encore, elle cherche sa bouche, tente de se rapprocher de lui, s'accrochant à son amant avec une ferveur proche de l'absolu, accentuée par leur départ prochain, le danger dans lequel elle va devoir le mener, les mener. Plus que jamais, ce qu'elle a découvert avec lui, ce que d'aucun appelle de façon bien trop commune, l'amour, a un saveur douce amère qu'elle puise à la coupe de ses lèvres et mêle à l'aune des siennes.
Plus tard, la nuit a recouvert ses traits marqués par la peine de son voile d'obscurité, cachant l'appréhension dans son regard à son amant pour ne laisser que la douceur de ses mots, la sincérité de son ton, la dévotion de ses gestes à son encontre...Dangsinul saranghee yo... Jamais je ne pourrais supporter de te perdre.Tu n'auras pas à la supporter, je suis là.Reste... avec moi... toujours... J'en mourrais si tu n'es plus.Pour seule réponse, un doigt la fait taire, posé en travers de ses lèvres, lui imposant le silence. Afin de contrer cette vision de mort, c'est dans un geste de prolongement de la vie vieux comme le monde et son éternité qu'ils se perdent tous deux, la fatalité du temps ne les touchant plus, dans ce monde qui est leur, pour le temps que leur univers le leur accordera, du moins._________________ Effleures tu seulement la réalité de celle que je suis vraiment Invité ? |
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